Echecs & Harmonie.

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Samedi 17 janvier 2015. Voilà déjà 3 mois que j’ai commencé les cours d’échecs au Cambodge, plus précisément à Siem Reap. L’école de brousse de Thnall Village a été la première bénéficiaire de ces cours le dimanche matin. Très vite, j’ai envoyé une série de mails à quelques ONG. ”The Global Child”, une ONG américaine à Siem Reap était très enthousiasmée par des cours d’échecs et me proposait une tranche horaire le samedi matin. Les premiers allers-retours au village se passaient plutôt bien. Nimol pouvait facilement emprunter la moto de son frère, jusqu’à début décembre où son frère a eu besoin de la moto pour travailler le dimanche. Au Cambodge, quand on a pas les moyens, on partage une moto ou un vélo en famille. Il est normal d’apercevoir des enfants sur un vélo d’adulte par exemple ou une famille de 4 personnes sur la même moto…

Ne voulant pas casser le rythme des cours, j’ai payé deux fois le tuk-tuk. Malheureusement, je ne peux pas utiliser ce moyen de transport tous les dimanches, je pourrais acheter beaucoup d’échiquiers à ce rythme! J’ai dis à Nimol que je faisais une pause le temps qu’on trouve une solution. A ce jour, aucune solution n’a été trouvée, mais je projète d’y aller seule avec un taxi-moto. J’espère m’en sortir pour 5 à 6 dollars. Malheureusement, Nimol ne sera pas là pour m’aider en Khmer.

Cependant, les cours n’ont jamais cessé à ”The Global Child”. Samedi, j’entamais mon 10ème cours avec enthousiasme. Les enfants ont été très réactifs aux exercices de mat! Tout a été résolu a la vitesse de l’éclair. Je suis assez étonnée par leur sens tactique et leur curiosité. Et puis le petit mot de la fin ”Tu es très gentille professeur” m’a vraiment touché. Nous avons prévu avec la volontaire Myriam, d’organiser un tournoi sur plusieurs semaines, à savoir une partie tous les samedis de 10 à 15 minutes chacun environ. Les pendules étant arrivées, le tournoi commencera probablement samedi prochain.

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Mise à jour:

Nous avons essayé d’organiser un petit tournoi à l’ONG entre les élèves de ”The Global Child”. Malheureusement, j’ai décidé d’arrêter. Ils n’aiment vraisemblablement pas la vraie compétition entre eux, et préfèrent jouer sans enjeu. Je continue donc ma petite routine en leur donnant des petits conseils et en jouant parfois avec eux. Ils jouent aux échecs pour l’instant, parce que c’est amusant de trouver des coups, d’éviter de se faire capturer des pièces et de mater. Quand quelqu’un perd, tout le monde rigole. Pourquoi changer si tout le monde est heureux comme ca…

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Ils continuent de jouer pendant leur pause tous les jours. Je vois tous les samedis leur progression sans réellement y participer. A l’ONG, j’ai l’impression de venir en observatrice et je repars toujours étonnée. Je suis plutôt heureuse de voir que sans moi, ils s’intéressent au jeu et se débrouillent seuls pour progresser. Je peux aussi avoir honte d’avoir perdu contre deux de mes élèves et parfois j’ai droit à des remarques comme ”Attention à la dame professeur…”. Il est temps que je m’y remette sérieusement car c’est bientôt eux qui vont m’apprendre à jouer.

J’aimerais atteindre le même résultat au village. Mais ils commencent à peine l’anglais avec des cours aléatoires, et je dois sans cesse leur rappeler les règles simples du jeu comme le déplacement des pièces. Je peux être découragée parfois mais je persiste car je sais qu’à force de répétition, un déclic peut se produire. Et même si ce n’est pas cette année, ce sera peut-être dans quelques mois ou dans quelques années en redécouvrant le jeu d’échecs ailleurs. Je continue donc à passer des bons moments avec eux, je n’insiste pas quand ils veulent faire autre chose que jouer, je laisse juste le temps faire les choses. Ils sont toujours curieux et contents, c’est le principal!

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Chaque dimanche est différent et parfois la magie s’opère, surtout quand le conducteur de tuk-tuk ”Kim Sovuth” s’improvise professeur d’échecs pendant 1h30. Il a toujours rêvé d’être professeur d’anglais. Je peux comprendre son enthousiasme quand je lui laisse la liberté d’enseigner. Ici on se débrouille comme on peut, je n’ai pas de gros moyens donc chaque dimanche, j’improvise!

Quand je prends un nouveau tuk-tuk, il râle souvent car c’est loin…J’appréhende un peu car je ne sais pas combien d’élèves vont venir jouer à chaque fois. Mais je revois souvent des fidèles comme ces deux petits joueurs qui commencent à bien accrocher au jeu! Quand je peux financièrement, j’achète un petit jeu d’échecs pliable à 8$ au supermarché coréen et j’en donne un à un des enfants du village.

Au début, j’avais fait confiance en laissant 4 échiquiers au village pour qu’ils puissent jouer, mais ils ont vite été perdu. J’ai décidé de refaire confiance. Le principal est qu’ils s’amusent en jouant aux échecs et qu’ils gardent le souvenir d’avoir appris à jouer aux échecs internationaux un jour dans leur vie. J’ai malgré tout quelques critiques autour de moi de personnes qui pensent qu’il ne faut pas ”remplacer” leur propre version du jeu d’échecs. Je leur réponds tout simplement qu’il ne s’agit pas de ”remplacer”, mais de leur donner tout simplement le choix. Je ne vois pas de mal à savoir jouer différentes versions du jeu d’échecs. C’est la même chose qu’apprendre plusieurs langues ou avoir plusieurs loisirs.

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Une nouvelle difficulté est apparue ce dimanche. C’est bientôt la mousson, et l’école s’est transformée en pateaugeoir après quelques heures de pluies cette semaine. J’ai hâte de voir ce que ca va donner dans les prochaines semaines à l’arrivée des grosses pluies.

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