La fin du projet & Lâcher prise.

Abandonner un projet qui vous tenait à coeur et avoir l’impression que tout s’écroule autour de vous depuis quelques semaines, voilà mon ressenti même si je garde le sourire. Dans la vie, certains cas de force majeure vous obligent à baisser les bras. Pour des raisons professionnelles, je suis obligée de quitter le Cambodge et d’arrêter le projet ‘’échecs pour tous au Cambodge’’.

Pendant 8 mois, quand je le pouvais le dimanche, j’ai enseigné les échecs aux enfants de Thnall Village Commune. Ce fut une formidable expérience, riche en émotions et parfois un peu fatiguante. Mais je ne regrette pas d’avoir essayé ce projet dans la campagne cambodgienne, où il est rare de trouver des ONG, puisqu’elles sont la plupart au centre de ville de Siem Reap. J’ai adoré voir ces petits bouts arriver de nulle part, s’installer et jouer en s’amusant. Passer 1h au village, c’était comme arrêter le temps dans un pays qui malgré sa douceur de vivre, avance très vite et ne s’arrête jamais.

De part mon expérience, je sais que des petites actions peuvent rester gravées dans la mémoire de quelqu’un et l’accompagner toute sa vie. J’espère que parmi eux, certains recommenceront les échecs quand ils vont devoir venir au centre de Siem Reap pour trouver un boulot ou garderont tout simplement un souvenir heureux des cours d’échecs.

J’ai parfois entendu la phrase: ‘’les Cambodgiens n’ont pas le temps de jouer aux échecs, ils pensent d’abord à survivre’’. C’est peut-être vrai, même si je suis persuadée que les échecs pourraient améliorer leurs conditions de vie en leur donnant l’envie d’atteindre un but, ouvrir le champ des possibles en leur donnant la possibilité de rencontrer d’autres joueurs du monde entier. Comme je l’explique dans mes précédents articles, il n’y a rien de mal à proposer une activité de plus, qui a le mérite d’être à la fois divertissante et intellectuelle.

Durant ces derniers mois, j’aurais contacté quelques ONG dont notamment:
http://www.concertcambodia.org/
Même s’ils trouvaient l’idée intéressante, je n’ai pas eu de retour après qu’ils aient fait le tour des ONGs de Siem Reap.

Et même Michelle Obama qui est venue promouvoir l’éducation des filles au Cambodge et qui faisait un appel à projet! Bon aucune réponse, je m’en doutais un peu. Mais ça m’a seulement coûté un e-mail d’essayer.
Avec l’ONG ‘’The Global Child’’ ça s’est très bien passé jusqu’au départ des volontaires. Comme je le disais dans un précédent poste, les filles ont disparu des cours du jour au lendemain. Même s’il est difficile de s’énerver au Cambodge parce qu’il faut rester courtois et souriant pour obtenir quelque chose, j’ai n’ai jamais été d’accord et je n’ai jamais eu de réponses concrètes à mes interrogations. Nous avons continué comme si de rien n’était. Après deux ans d’expatriation ici, je suis habituée et j’ai donc laissé couler.

 

Maintenant que le projet est terminé, je peux parler sans langue de bois. Je ne regrette pas d’avoir commencé ce projet. J’aurais appris qu’il vaut mieux faire quelque chose que rien du tout.
J’espère que ce projet aura inspiré quelqu’un pour faire la même chose au Cambodge ou ailleurs. Transmettre son savoir à d’autres est une riche expérience et je souhaite à tous de pouvoir le faire un jour.
Ce que j’aurais appris, c’est qu’à mon niveau, je n’ai pas le charisme ou le bagage nécessaire pour développer plus ce projet. On peut avoir plein d’ídées, mais si on n’a pas le réseau derrière, personne ne vous fera confiance. Il aurait fallu créer son propre club d’éches sous la forme d’une ONG, mais ne sachant pas combien de temps j’allais rester par rapport à mon travail, ça aurait était très risqué.

Mais si parmi vous, certains rêvent de vivre une telle aventure, voici quelques conseils:

-avoir un permis de travail.

-commencer dans une ONG locale. Contacter d’abord:
http://www.concertcambodia.org/ qui recensent toutes les ONG ‘’certifiées’’ de Siem Reap.

-éviter les orphelinats qui sont pour la plupart des faux orphelinats.

-créer votre propre ONG après s’être renseigné sur les lois cambodgiennes. Tout a l’air simple ici, on peut très vite démarrer une activité, mais il y a quand même un code de conduite à respecter.

Concernant mon projet, c’est Fabien, un amateur passionné d’échecs qui reprend le matériel. Le projet se déplace vers l’école française de Siem Reap, qui était intéressée par de l’initiation. Fabien prospectera de lui-même un autre public.

Pour ceux d’entre vous, qui sont de passage à Siem Reap et qui ont envie d’aller au village (le dimanche) donner un cours d’initiation, veuillez me contacter. Je vous mettrai en contact avec Nimol. Il y a souvent des voyageurs de passage qui viennent donner un cours d’anglais, le temps d’une heure.

Les échiquiers et les pendules restent à disposition, il suffit juste contacter Fabien, en passant par moi au préalable.

Et moi, je m’envole pour de nouvelles aventures. Je voulais remercier toutes les personnes qui m’ont soutenue de près ou de loin dans ce projet. Sans vous, je n’aurais pas vécu ces dimanches heureux et parfois pluvieux.