Debout l’échiquier!

Dimanche 23 novembre, il est 8h du matin. Nous partons avec Nimol en tuk-tuk au village. Un tuk-tuk est un tricycle motorisé cambodgien. Habituellement, Nimol emprunte la moto de son frère. Voilà deux semaines, qu’il est privé de moto parce que son frère l’utilise pour travailler. Ce qui n’arrange pas mon budget. Un aller-retour en moto me coûte environ 2 dollars, alors qu’en tuk-tuk, je dois dépenser 13 dollars. Croisons les doigts pour que ça ne se répète pas toutes les semaines. Malheureusement, rien ne se prévoit à l’avance ici. Je le saurais que samedi soir ou dimanche matin. La bonne nouvelle est que j’ai reçu l’échiquier mural. Nous avons pu faire un vrai cours d’échecs au village, grâce à l’échiquier et à l’implication personnelle de Nimol. Le professeur d’anglais était aussi parmi nous pour apprendre les échecs. Elle vit au village avec les enfants et pourra jouer avec eux pendant la semaine. Ce qui est génial, c’est que tout le monde s’entraide ici. Habituellement, les Khmers vivent et mangent en communauté. J’ai parfois l’impression qu’ils jouent aux échecs comme ils vivent, tous ensemble.

Comme prévu, je me retrouve chaque semaine avec plus d’élèves. Nous avons décidé avec Nimol de faire deux groupes de 11 élèves, soit 22 élèves. Voyons la semaine prochaine comment ca va se passer. Si les autres enfants viennent d’eux-mêmes, je me vois mal refuser l’accès à la classe d’échecs. “Patience” et ”improvisation” seront donc à l’ordre du jour…

Echiquiers et curiosités.

Des échiquiers, de la joie, de l’agitation, beaucoup de curiosité et malheureusement aussi une cérémonie de deuil pour un petit de 3 ans qui a succombé à une maladie. Je ne m’attendais pas à une journée chargée en émotions et à un tel enthousiasme ce matin. J’étais tranquillement en train d’expliquer à Nimol les règles du jeu pour qu’il puisse préparer le cours en langue Khmer, quand au fur et à mesure, les enfants sont arrivés. Les échiquiers ne sont pas restés très longtemps dans le sac, j’ai dû assouvir très vite leur soif de curiosité. Essayant tant bien que mal de finir le cours particulier avec Nimol, les enfants essayaient de placer les pièces sur l’échiquier par eux-mêmes. Les premières difficultés liées à la barrière de la langue se font sentir. Comment vais-je leur expliquer que les blancs se placent plutôt sur la première rangée et les noirs sur la huitième rangée? Heureusement que je baragouine quelques mots de Khmer. Deux mots ont suffi: ”pi” et ”so” pour ”deux” et ”blanc”, et ”pram pi” et ”khmaw” pour ”sept” et ”noir”. J’aurais compris qu’il est inutile de faire le cours au tableau, il faut aller à l’essentiel avec des mots simples et des gestes sur l’échiquier. Ayant l’habitude d’expliquer le placement des pièces avec la représentation d’un château fort, ici ce n’était pas évident puisqu’il n’y a pas de château au Cambodge. Angkor Wat, la 8ème merveille du monde, aurait été un chouette exemple, mais la plupart de ces enfants ne sont jamais allés à Siem Reap visiter ce magnifique temple, faute de moyens. Nous étions bien une quarantaine ce matin, les nouvelles vont vite au village et les enfants ne peuvent pas s’empêcher de venir voir ce qui se passe à l’école. J’ai ainsi vu de nouvelles têtes, et on a dû partager les échiquiers. Malheureusement, un cours d’initiation d’échecs à 40 élèves relève de l’impossible. Mais comment refuser la classe à tous ces enfants qui me montrent leur intérêt pour le jeu? Il va donc falloir trouver une autre solution et surement faire deux groupes. Vivement dimanche prochain pour de nouvelles aventures et cette fois-ci plus de photos.

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C’est pourtant l’heure d’aller manger…

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Pourquoi développer une activité échecs au Cambodge?

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Je m’appelle Karelle Bolon. Je pratique les échecs depuis l’âge de cinq ans. J’ai été plusieurs fois championne de France jeunes. Depuis un an, je vis au Cambodge pour des raisons professionnelles. J’aimerais profiter de cette opportunité pour commencer à développer une activité échecs dans une petite école de brousse à une heure de Siem Reap. L’idéal pour moi étant de former quelqu’un qui puisse donner des cours d’échecs aussi bien en Khmer qu’en anglais. Nimol, le propriétaire de l’école, aura pour mission d’enseigner les échecs dans son école à raison d’une à deux heures par semaine. Je serai là pour l’assister et filmer le cours que je mettrai en ligne sur mon blog. Nimol s’est aussi proposé pour traduire quelques cours en Khmer pour mon blog pour que tout le monde puisse en profiter! L’accent sera mis sur le partage des compétences et la formation, pour que sans moi, le projet puisse exister et evoluer.

Il faut savoir qu’ au Cambodge, le jeu d’échecs local s’appelle le Ouk Chatrang. Les règles sont pratiquement les mêmes que le jeu d’échecs Européen, à quelques exceptions près. Dans la rue, il n’est pas rare d’apercevoir des conducteurs de “Tuk-Tuk” (tricycle motorisé cambodgien) en pleine réflexion sur une partie d’échecs, à défaut de faire la sieste! Tandis que les pays voisins comme la Thaïlande et le Vietnam ont pris part aux Olympiades d’échecs du 1er au 15 août 2014 en Norvège, le Cambodge n’a jamais développé la pratique du jeu. C’est dommage quand on sait que le peuple Khmer apprécient les jeux de dextérité mentale et physique. En avril, pendant le nouvel an Khmer, les familles aiment jouer à des jeux traditionnels. Nul doute que les enfants de l’école apprécient les cours d’échecs!

Soutenez mon projet sur le site de crowdfunding Ulule:

http://www.ulule.com/chessforallincambodia/

Il me reste 21 jours pour récolter la moitié de la somme, qui me permettrait d’acheter des échiquiers en Thaïlande. Malheureusement, il est pratiquement difficile de trouver des échiquiers légers en grande quantité avec des grosses pièces. Je compte sur vous pour m’aider à réaliser mon projet!